lundi 24 novembre 2014

Il faut sauver le soldat Abdoulaye Wade

C'est à croire que l'ancien chef d'Etat sénégalais n'a toujours pas digéré sa défaite à l'élection présidentielle de 2012. Abdoulaye Wade ne manque jamais une occasion pour s'attaquer au Président Macky Sall  et à son équipe. L'on aurait pensé qu'au sortir de la présidentielle de 2012, le pape du Sopi allait profiter du temps qui lui reste pour savourer une bonne retraite. C'était mal le connaître.
Ce vendredi 21 novembre, au cours d'un meeting organisé à la place de l'Obelisque, Abdoulaye Wade a encore récidivé, allant même jusqu'à défier l'autorité. En effet, il déclare à qui veut l'entendre que s'il le voulait, ses alliés marcheraient vers le Palais pour y trouver Macky Sall et le chasser du pouvoir, "mais ce n'est pas ce que je veux", dixit Me Wade. Loin de s'arrêter là, il appelle à l'organisation d'une élection anticipée en 2015 pour reprendre le pouvoir des mains de Macky Sall. Sans parler des nombreuses accusations à l'endroit du président de la République et de sa famille.
Pourtant, il y a encore plus à s'émouvoir. Abdoulaye Wade est fatigué. Il a besoin de repos. Comment un homme de cet âge peut encore investir le champ politique?

Karim Wade, le nerf de la guerre
Le retour au premier plan d' Abdoulaye Wade s'explique d'abord par l'arrestation de son fils Karim Wade. Comme tout père de famille, l'ancien chef d'Etat ne supporte pas de voir son fils dans cette situation. Il s'est ainsi mué en sauveur, discréditant la CREI, dénigrant la Justice sénégalaise, et criant à qui veut l'entendre que Karim Wade est un prisonnier politique. Tous les actes posés par Wade le sont pour venir en aide à son fils et le sortir des griffes de la justice.Peut-être se sent-il coupable. En effet, en voulant propulser Karim au devant de la scène, en lui confiant tous les postes de responsabilité de l'Etat, en voulant faire de lui son successeur désigné, Wade n'a pas été d'une grande aide pour son fils. Ce dernier est en train de payer les pots cassés. Il est comptable devant la justice pour les postes de responsabilités qu'il a eus à gérer et la fortune qui y a découlé.

 Absence de successeur au PDS
L'autre grand problème est que Aboulaye Wade n'a pas de successeur. Il a vite fait d'éliminer ses principaux lieutenants (Idrissa Seck, Macky Sall) qui pouvaient barrer la route à Karim. Il ne reste plus, au PDS, un homme capable de mener la barque. Les rares responsables du parti n'osent pas prendre leurs responsabilités et s'affirmer. Ils préfèrent s'accrocher derrière le pape du Sopi pour bénéficier du peu d'aura qui lui reste. Malheureusement, Wade n'a plus d'avenir politique. C'est un vieux grand-père fatigué et à la limite de la sénilité. En témoignent ses différents discours dénués de fondement et les récurrentes pertes de mémoires auxquelles il fait face devant le micro. Il doit se reposer. Les Modou Diagne Fada et autres Oumar Sarr gagneraient à prendre leur courage à deux mains pour baliser le terrain et créer un éventuel avenir politique au PDS, au risque de voir ce parti sombrer définitivement dans l'oubli.
Il faut sauver le soldat Wade!

Burkina Faso: Une transition couleur treuillis

Plébiscité au lendemain de la chute de Blaise Compaoré, le lieutenant-colonel Isaac Zida avait dû remettre le pouvoir aux mains des civils sous la pression de l'opposition et de la Communauté internationale. Seulement, c'était pour mieux revenir. En effet, le nouveau Président de la transition a rappelé Isaac Zida pour en faire son Premier ministre.Ce dernier a dévoilé, ce 23 novembre, la liste des ministres devant l'accompagner dans sa tâche. Dans un gouvernement de 26 ministres, Zida a taillé la part du lion à ces camarades militaires, leur offrant les postes de ministre de l'Administration et de la sécurité (Intérieur), ministre des Mines et ministre des Sports.
Par ailleurs, le Premier ministre et le Chef de l'Etat cumulent leurs fonctions respectivement aux postes de ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères.
Cette équipe aura la charge d'assurer la transition pendant un an avant d'organiser des élections libres.

lundi 10 novembre 2014

La Déclaration de Politique Générale: Quelle pertinence?

La Constitution du Sénégal en son article 42 énonce: " le président de la République définit la politique de la nation". Comment comprendre, alors, qu'à chaque changement de l'attelage gouvernemental, le nouveau Premier ministre soit obligé de sacrifier à la traditionnelle DPG? Cette dernière, calquée sur le modèle français, peine à s'intégrer dans notre système. En effet, la Déclaration de Politique Générale, telle qu'effectuée en France est assimilable à un vote de confiance.
Au Sénégal, la DPG est l'occasion pour les militants de tous horizons de se regrouper à l'Assemblée nationale pour y tenir leur xawaré politique. C'est aussi l'occasion pour les gouvernants de s'adonner à leur jeu favori de séduction de l'électorat sénégalais à travers des promesses qui, généralement, ne donnent lieu à aucune suite.
S'il est vrai que l'actuel Chef de l'Etat a jonglé entre différents programmes, passant du Yonnu Yokkuté au Programme Sénégal Emergent, il faut néanmoins signaler qu'il demeure le seul à pouvoir définir la politique de la nation, une politique qu'il se chargera d'exécuter tout au long de son mandat. Il ne saurait daonc y avoir autant de politiques que de premiers ministres.
En attendant, Mohamed Dionne va se consacrer, dans quelques heures, à cette illégalité institutionnelle devant des députés en manque réel de travail, qui n'attendent que ce genre d'événement pour justifier les émoluments et autres indemnités afférents à leur fonction.