mercredi 23 décembre 2015

jeudi 30 avril 2015

Parcours sportif de la corniche

En ce samedi à 18 heures, passées, le parcours sportif de la corniche ouest est l’un des endroits  les plus courus de Dakar. Situé derrière l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à quelques pas de la Place du Souvenir, ce haut lieu du sport ne désemplit pas. Malgré un froid glacial, ils sont des centaines à prendre d’assaut cet endroit pour s’adonner à la pratique du sport. La brise est parfaite pour faire du sport. C’est le cadre idéal, lance Papiss qui vient régulièrement courir sur la corniche. L’endroit grouille de monde. Chacun occupé à faire ses exercices.
Quelques mètres plus loin, se trouvent les nouvelles installations offertes par la Ville de Dakar, en collaboration avec une entreprise de boissons. Vélos, barres fixes et autres altères s’y côtoient. Ici, hommes et femmes se relaient sur les différentes installations. Des hommes en quête de muscles comme Moussa Sène. Muscles saillants, visage balafré, il ressemble vaguement aux lutteurs du dimanche.
Un peu plus loin, dans un cadre bien clôturé, des jeunes jouent au foot. A côté, un espace a été aménagé pour les enfants. Toboggans, trampolines et autres jeux sont à la disposition des enfants. Les parents s’en donnent à cœur joie car ils peuvent profiter d’un peu de temps libre.
L’endroit devient de moins en moins animé. Seuls les habitués sont encore sur les lieux. Le froid a, semble-t-il, eu raison d’eux. C’est dans ce calme apparent que nous rencontrons M. Mbengue. Son habillement est la première chose qui attire. Il porte un blouson gris floqué du logo de l’Association des membres du parcours sportif de la corniche. Il nous demande deux minutes pour sacrifier à la prière du crépuscule à l’espace emménagé à cet effet. Après quelques minutes d’attente, ce haut cadre de société nous revient. Le rire facile et gesticulant à souhait, M. Mbengue nous dit qu’il fréquente le parcours depuis 1986. « J’étais encore étudiant à la faculté de Lettres et Sciences Humaines quand je venais ici tous les après-midi pour faire du sport ». Se décrivant comme un sportif, notre interlocuteur nous dit que maintenant, par manque de temps, il ne vient que pendant le week-end. « Je ne suis pas prêt d’abandonner cet air pur venant de la mer, cette brise marine. En plus, les nouvelles installations sont attrayantes et efficaces. On ne connaissait pas ça nous ». Il termine enfin en déplorant le manque de surveillant et de moniteur attitré sur place : « Il est vrai que le matériel et beau et haut de gamme mais il n y a personne pour y veiller. Certains matériels sont déjà en train de se dégrader ».

Cette dernière interpellation trouve toute sa place car un endroit aussi prisé avec de très belles installations mérite un peu plus d’attention. La ville de Dakar gagnerait à mettre des agents sur place pour veiller à l’utilisation normale du matériel mais aussi, à la quiétude des lieux car, on y retrouve quelques vagabonds et bandits prompts à commettre des larcins. 

Moustapha Gaye, l’étudiant-clochard

Loger au campus est une entreprise très difficile pour les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Avec plus de 85000 étudiants, l’université arrive mal à résorber le déficit des chambres par rapport aux étudiants. Si d’aucuns sont prêts à faire des pieds et des mains pour avoir un toit où dormir, d’autres préfèrent se résigner à dormir dans les couloirs des pavillons. Moustapha Gaye fait partie de ce lot.

Il faut être à l’Université au petit matin pour assister à un spectacle captivant. Debout, le regard hagard du fait d’un sommeil inachevé, le matelas entre les mains, Moustapha toque timidement sur la porte qui lui fait face. Il a dormi dans ce couloir du pavillon B. Les rayons de soleil apparaissant à l’aube ont, à force de le caresser, marqué son visage fatigué. Moustapha Gaye semble avoir vécu le double de son âge. Cet étudiant en licence 2 Anglais à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Ucad  n’a pas bénéficié de chambre lors des codifications ayant lieu chaque année. « Je ne sais pas trop comment se passe l’attribution des chambres » dit-il. Tapha est de ces personnes qui ne sont pas nées avec une cuillère en or dans la bouche. Ayant perdu son père il y’a deux ans, il a été très vite mis devant ses responsabilités d’ainé d’une famille pauvre, qui arrive difficilement à joindre les deux bouts. Ajoutez à cela des années difficiles à l’Université, ponctuées par deux redoublements en première et en deuxième année et vous obtenez un cocktail explosif. Pyjama mal boutonné et tignasse non coiffée, Tapha s’assoit sur un des lits de la chambre 27. « C’est ici que je passe la journée et c’est ici aussi que je garde mes bagages ». La chambre est trop exigüe et neuf personnes y passent la nuit. Moustapha préfère ne pas les gêner. En plus il n’a pas à partager un matelas avec un autre camarade. En effet, ceux qui dorment dans les chambres dorment à deux sur le même matelas. « Il avait pourtant sa place ici », lance Ameth, un des résidents de cette chambre et ami de Tapha. La vie au campus n’est pas chose aisée.  Les étudiants sont de loin plus nombreux que les chambres à pourvoir. Chaque année, c’est la croix et bannière pour faire partie de ceux qui doivent codifier. En générale, les chambres sont données aux meilleurs étudiants, qui se chargent d’héberger leurs camarades. Les plus chanceux n’auront même pas à courir derrière les logements du campus. En effet, certains, des contrées lointaines, réunis en association, bénéficient d’aide de la part de leurs élus locaux. Des chambres et appartements leur sont loués aux alentours de l’université, à charge pour la mairie de s’acquitter du loyer. Moustapha, lui, fait partie de ces malchanceux qui n’ont pas pu bénéficier de chambre. « J’ai toujours eu des problèmes de logement ici. L’année dernière, je logeais dans une chambre avec dix autres camarades. Cette situation était invivableCela m’a causé la perte de deux années », se défend-il. « Je n’arrivais pas à me concentrer et le rythme en classe était intenable. J’ai repris la première et la deuxième ».
Mais le natif de Yeumbeul affiche sa témérité. Il a une revanche à prendre sur le destin. Il est le seul, d’une famille de cinq enfants à être arrivé à ce stade. En plus, s’il éprouve des difficultés à trouver où dormir, sa famille à Yeumbeul, elle vit chaque année sous le spectre des inondations. Beaucoup de personnes comptent sur lui. Tout ce stress et ce poids qui lui pèse sur la tête à son âge, Tapha les cache derrière une joie de vivre sans commune mesure. Pour lui, ce n’est pas la fin du monde. C’est juste un passage. Autour de ses amis, il passe son temps à raconter des blagues. Avec lui, c’est le rire à plein temps. Son autre passe-temps favori est la lecture. D’ailleurs, dès le réveil, il attaque ses ouvrages, en guise de petit-déjeuner. La lecture est la seule chose qui peut capter toute son attention. A certains moments, son esprit semble être ailleurs. Pour ses amis, c’est un grand rêveur, et il est distrait.
 Après une bonne douche, Moustapha s’affale sur l’un des lits de la chambre. L’on croirait voir un autre homme. Cette personne n’a rien à voir avec celui, farfelu, qui dort dans les couloirs. Chemise et pantalon super 100 bien repassés, chaussures bien cirées, lunettes de soleil sur la tête, le jeune homme, dans sa très belle mise semble revivre. « Il faut s’habiller comme un étudiant », lance-t-il, en éclatant de rire. Un rire qui cache mal des années de souffrance que Moustapha espère balayer par l’obtention, dans deux ans de son diplôme.


Sidy Talla musicien, directeur de Dëbëdaxé Music, La consécration au bout de l’effort

« Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Cette maxime, Sidy Talla alias Diss l’a faite sienne. Cet ingénieur de son, directeur du label Dëbëdaxé Productions s’est fait tout seul. Tout au long de sa vie, armé de courage et d’une envie de réussir dans sa passion, il a fini par atteindre son objectif : aider les jeunes artistes à sortir de l’ombre. Mais que le chemin fut tortueux et parsemé d’embûches.
 Pour connaitre l’entêtement qui anime l’artiste Diss (Sidy en verlan), il faut remonter à sa tendre jeunesse. Sidy Talla est un personnage qui s’est construit tout seul. Né d’une famille partagée entre journalistes et artistes (il est le jeune frère de Thierno Talla, Fou malade,etc), il devra très tôt prendre sa vie en main. Ayant perdu l’affection d’un père à l’âge de trois ans, il grandit sous la coupe d’une mère aimante qu’il appelle affectueusement Néné et d’un grand frère protecteur.
Bercé très tôt par les notes de rap de ses frères, Sidy se passionne rapidement pour la musique. Pourtant, il se retrouve face au veto d’un ainé ayant pris la place du père et qui voyait en lui un futur cadre de société. En bon hal pulaar respectueux du droit d’ainesse, il se plie à la décision de son tuteur, non sans continuer, en cachette, à vivre sa passion pour la musique. Une persévérance qui finit par payer car Diss vit aujourd’hui de sa profession de technicien en Telecom mais aussi de sa passion pour la musique. De ses rencontres, il faudra retenir Bamba Dramé et Lahad Guèye, camarades de classe au lycée Maurice Delafosse, avec qui il crée, en 2007, un groupe de rap dénommé Dëbëdaxé Crew, signifiant littéralement bricolage. Un nom qui sied parfaitement au personnage, tant l’homme a toujours aimé tout ce qui est bricolage. Un bac technique en poche, il suit des études supérieures en télécommunication, s’exerçant parallèlement à l’ingénierie du son. Mais l’enfant avait déjà, très tôt commencé à flirter avec le montage photo et audio en compagnie de professionnels du quotidien appartenant à son frère.
Le jeune garçon en veut toujours plus. La mise toujours correcte, aux antipodes de ces rappeurs qui calquent l’habillement des stars du show business américain, Sidy veut se faire un nom dans le milieu du Hip Hop. Une mission pas vraiment aisée car l’artiste est dans l’ombre de son frère Malal Talla (Fou malade), star du rap au Sénégal. Armé de courage et de patience, Diss finit par laisser la chanson pour se consacrer à la production musicale, créant son label 2bëdaxé Music. La patience et le courage sont, en effet, les vertus sur lesquelles il se fonde pour arriver à ses fins. «Mon plus grand défaut est que je suis têtu. Quand je m’engage dans quelque chose, je ne lâche pas quels que soient les risques », a-t-il l’habitude de dire. Un défaut que beaucoup considèrent comme sa principale qualité. « Il croit en lui et fait tout pour atteindre ses objectifs », dira un de ses fidèles amis. D’un abord facile, Sidy est un très grand rieur. Plaisantin à souhait, distrait par moment, il peut même agacer, tant il refuse d’être sérieux quand on l’attend de lui. Cheveux grisonnants comme pour témoigner de la souffrance endurée pour arriver à ce stade, le ventre bedonnant qu’il porte, trahit des soins particuliers apportés par son épouse. Cette dernière constitue une source d’équilibre retrouvé pour l’artiste. Sidy est attaché à sa femme Sarah comme à la prunelle de ses yeux. Même si l’attachement chez lui est une seconde nature. Il n’hésite pas à s’ouvrir aux autres, à leur faire confiance, une attitude qui lui joue souvent des tours.
Entre carrière professionnelle, passion musicale et ménage, Diss a su organiser sa vie pour ne laisser aucun pan de sa vie en retrait. A 30 ans, âge de la maturité, le jeune homme, du haut de son mètre quatre-vingt cinq, essaie tant bien que mal de rester fidèle à son leitmotiv : « Raam soga dokh » ou « petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Ce crédo fait référence à ses débuts où, dans une chambre mal éclairée avec, pour seul matériel,  un ordinateur, il a construit patiemment son projet, pour aboutir, aujourd’hui à un studio d’enregistrement haut de gamme situé à Ouest-Foire. Il y encadre de jeunes rappeurs et autres musiciens pas encore connu, leur donnant une chance qu’il n’a pas eu à ses débuts. Le label 2bëdaxé a ainsi contribué à la production d’une mixtape intitulé W.A.R, en collaboration avec Wakh’Art en 2014. Et en ce début d’année 2016, Diss sort Diss-Connexion, une Beat Tape (un album entier d'instrus), qu'il compte lancer ce Vendredi 18 Mars au Little Buddha. Un petit pas vers la longue marche du succès qui attend cet artiste persévérant et talentueux.


jeudi 12 février 2015

Renaud Lambert présente "Les nouveaux Chiens de Garde"

Le journaliste du quotidien français Le Monde est passé au Cesti lors d'un carrefour d'actualité. Il nous présentera son documentaire intitulé "Les nouveaux chiens de garde"


mercredi 7 janvier 2015

Attaque de Charlie Hebdo: Vidéo des assaillants en action

Dans cette vidéo choquante, les terroristes tirent sur les policiers et en blessent un. L'un d'eux se rapproche et l'abat froidement avant de continuer son chemin.

PS: l'image du policier a été flouée pour éviter de heurter les sensibilités.